Mille soleils splendides - Khaled Hosseini

Publié le par Caro

Mille soleils splendides« Les mains entre ses jambes, Mariam regarda les flocons de neige tournoyer devant la fenêtre en se rappelant les paroles de Nana : chaque flocon était en réalité un soupir poussé par une femme accablée, quelque part dans le monde. Toutes ces plaintes silencieuses montaient au ciel et y formaient des nuages de plus en plus gros, jusqu’au moment où ils se brisaient en minuscules fragments qui tombaient sans bruit sur la terre. « C’est pour rappeler aux gens ce que toutes les femmes comme nous peuvent endurer, avait-elle ajouté. Sans jamais se plaindre, en plus. » »

 

Après avoir lu les Cerfs-volants de Kaboul, j’ai voulu découvrir le second roman de Khaled Hosseini. Et encore une fois, j’ai été époustouflée par cet auteur.

 

Mille soleils splendides est une plongée au cœur de l’Afghanistan des Talibans. A travers l’histoire de deux femmes, Mariam et Laila. Toutes deux prisonnières d’un système qui hait les femmes, elles se débattent pour survivre.  Pourtant, tout semble en apparence opposer ces deux femmes.

Il y a d’abord Mariam, l’aînée, qui a toute sa vie d’enfant cherché l’amour. Dans les bras de sa mère, dans le regard de son père… Pauvre gamine des campagnes, elle rêve d'un monde meilleur. Quand elle épouse Rachid, ce n’est peut-être pas l’homme qu’elle a choisi. Mais elle veut le rendre heureux et surtout lui donner un fils… un fils qui ne viendra pas. Et Rachid s’enfonce dans la violence, le mépris, la brutalité.

Il y a aussi Laila. Plus jeune, elle a grandi dans une famille soudée et libérale et vit avec son jeune voisin Tariq une passion adolescente. Mais quand une bombe vient souffler la maison de Leila, ce sont tous ses rêves d’enfance qui s’envolent. Devenue orpheline, elle n’a plus d’autre espoir que la compassion d’un couple de son voisinage, Mariam et Rachid.

Et c’est la cohabitation des deux femmes qui commence. Rachid prend Laila pour seconde épouse et Laila, qui n’a plus d’autres choix, devient la rivale de Mariam. Plus jeune, plus jolie, plus cultivée et… enceinte… Laila réveille chez Mariam toutes ses blessures enfouies.

Mais peu à peu, la haine fait place à un début d’amitié. Car ces deux femmes ont tant à partager : un mari brutal, un système politique oppressant, des privations et ce vêtement prison qu’est la burqa. On s’arrange, on se débrouille pour survivre dans un quotidien qui nous répète que l’on est rien. Et on nourrit même de secrets rêves de fuite. Partir toutes les deux d’Afghanistan, tromper la surveillance de Rachid… Mais comment partir d’un pays où une femme ne peut même pas sortir sans la compagnie d’un homme ? Et dans ces espoirs d’un ailleurs, l’amitié entre les deux femmes devient amour. Si l’Afghanistan des Talibans n’est que haine, c’est l’amour qui naît sous nos yeux de lecteurs, un amour puissant qui peut conduire au sacrifice…

 

Ce roman est un cri. C’est le cri de toutes ces femmes afghanes emmurées dans leur burqa. C’est le cri de l’injustice. Ce roman fait mal. Il est comme une gifle que l’on reçoit. Il nous prend aux tripes. Il nous hante. Le lecteur devient Laila et Mariam et tremble avec elle dans l’espoir qu’elles tiennent leur pari fou, celui de fuir pour la liberté. Et même s’il fait mal, c’est aussi un roman d’amour. C’est l’amour qui naît de toute cette haine.

 

En définitive, ce roman est un hymne aux femmes du monde entier qui ont à se battre chaque jour contre l’intolérance et l’injustice. Si vous avez eu des doutes quant à la lecture du livre, n’hésitez plus, foncez… Il est de ces livres que l’on n’oublie pas.

Publié dans Mes coups de coeur

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Luna 24/12/2013 12:30

Une très bonne découverte pour moi aussi !