Les enfants de la nuit - Frank Delaney

Publié le par Caro

9782749116198Nicholas Newman, architecte londonien, souffre depuis maintenant trois ans. Angoisses, nervosité, crises de diarrhées… Depuis la mort de Madeleine, avec laquelle il entretenait une relation passionnelle, Nicholas ne parvient pas à faire son deuil. D’abord suspecté du meurtre de celle qu’il aimait, puis relaxé, il est maintenant rongé par la culpabilité : il n’a jamais su lui dire qu’il l’aimait. Or, lors d’un voyage en Suisse, il fait une étrange rencontre : un couple de sexagénaires lui montre des photos, et sur l’une d’elle, un objet en Améthyste qui, il en est sûr, a appartenu à Madeleine.

A partir de ce moment, un engrenage s’enclenche. Nicholas est agressé, ses comptes bancaires vidés, son appartement saccagé. Hospitalisé, il est alors approché par un homme, Lukas Waterman, qui le met au courant d’un effroyable secret. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands ont mis au point un institut chargé d’étudier les comportements de quelques familles juives. Dans cet espace clos, les pires sévices, les expériences les plus inhumaines ont été perpétrés. Oublié de l’histoire, cet institut refait surface quand une série de crimes abominables en rappelle le souvenir. Pour Lukas Waterman, l’aide de Nicholas est indispensable pour démêler l’écheveau de ces drames.


Il est vrai que Les enfants de la nuit est un polar dont on a du mal à interrompre la lecture. Frank Delaney parvient à nous tenir en haleine avec cette histoire de crimes nazis auxquels répond une série de meurtres contemporains. Les documents sur l’Institut donnent aussi froid dans le dos et permettent à l’enquête d’avoir un ancrage historique passionnant. J’ai lu avec avidité toutes les pages mentionnant l’Institut et j’ai vraiment été prise par cette dimension du roman, véritable plongée dans cet univers. J’ai aussi aimé les rebondissements réguliers qui donnent une dynamique certaine au livre.


Mais d’autres éléments du livre m’ont aussi gênée. Tout d’abord le héros – qui s’appelle bien Nicholas et non Michael, comme l’affirme la quatrième de couverture ! Je n’ai pas trop été séduite par cet homme indécis. Pas de prises de position claires, pas d’avis tranchés…  J’ai parfois eu l’impression que l’auteur cherchait lui-même quel pouvait bien être l’avis de son héros. J’aurais aussi aimé que Frank Delaney exploite davantage l’intrigue historique. Hormis les documents d’archives, cet élément – qui est pourtant le cœur du roman, disparaît devant certaines anecdotes qui me semblent plus secondaires. J’ai aussi trouvé les personnages un peu trop nombreux. On se perd souvent derrière tous ces personnages qui parfois changent de nom puis recouvrent leur identité. A ce niveau, cela manquait un peu de clarté. J’ai parfois dû faire des retours en arrière pour parvenir à situer un personnage ! J’aurais préféré que l’auteur ne garde qu’un petit nombre de personnages mais qu’il leur donne une réelle personnalité.


Cependant, j’ai tout de même apprécié cette lecture. Le livre est annoncé comme le premier tome d’une quadrilogie. Dans ce cas, on peut peut-être mettre mes critiques sur le compte de tomes à venir qui permettront de clarifier certains points et d’en creuser d’autres. Ce qui est sûr, c’est que je lirai le second volet.


Pour cette lecture, je tiens à remercier Livraddict et les éditions du Cherche Midi.

Publié dans A lire pour le plaisir

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