Les Déferlantes - Claudie Gallay

Publié le par Caro

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C'est la rentrée ! Voilà enfin le moment pour mon blog de se remettre en selle... Après deux mois de repos et de silence blogosphérique, mais aussi de nombreuses lectures, il est désormais temps de reprendre du service. Et pour cette rentrée, j'ai choisi de faire un billet sur ce gros succès des ventes de cet été : Les Déferlantes de Claudie Gallay.

 

 La Hague. La narratrice est employée par le Conservatoire du Littoral pour y étudier les oiseaux. Mais ce nouveau métier, qui succède à sa vie d'enseignante, est aussi un refuge. C'est dans cette ville balayée par les vents et les embruns qu'elle vient noyer un profond chagrin, une immense douleur. Un drame que le lecteur ne découvre que progressivement. Une blessure vive, que l'on effleure page à page.

C'est dans ce contexte qu'elle fait la rencontre de Lambert, un homme bien mystérieux, qui vient de s'installer à La Hague. Lui aussi a vécu un grand drame. Un naufrage, une famille anéantie. Quarante ans plus tard, il vient chercher des réponses.

Ces deux personnages torturés vont se rencontrer. De leurs silences et de leurs chagrins, une histoire mais aussi des interrogations vont naître. Et l'histoire va se nouer avec celle de ce petit garçon qu'une vieille femme croit reconnaître en Lambert...

 

Les Déferlantes est véritablement un très beau roman, tout en finesse et en pudeur. Si l'intrigue est avant tout l'histoire d'une rencontre, toute sa force réside aussi dans le cadre que l'auteur a su créer. Les Déferlantes, c'est avant tout un paysage et ce paysage donne toute la force et l'atmosphère du roman. Car la véritable héroïne, c'est la mer. Ce sont des paysages, des couleurs, des odeurs, des sensations. Les images sont souvent très poétiques. Au plus fort de la lecture, j'avais parfois la sensation de respirer les embruns, d'entendre les mouettes et de voir au loin les lueurs du phare sur La Hague.

 

Les personnages secondaires sont tout aussi réussis. Tous ont une véritable identité et une vie propre. Ils ne sont pas des prétextes à l'intrigue mais la construisent et la renforcent. Le lecteur se sent parfois comme un visiteur de La Hague, côtoyant ces personnages un brin loufoques mais très attachants. Il y a Max, le simplet ; Raphaël, le sculpteur un peu bougon ; Morgane, la fille sensible mais paumée ; Nan, la vieille, qui coud des linceuls et dont la mer a pris toute sa famille...

 

Le roman est tout en sensibilité. Au début, j'ai été surprise par l'écriture de l'auteur. Des phrases courtes, souvent sans verbe. Un style parfois naïf. Mais j'ai de plus en plus apprécié cette façon d'écrire. Elle est comme les paysages décrits : simple mais forte, évocatrice. Derrière ce qui pourrait passer pour autant de petits riens, il y a toute une réflexion. Claudie Gallay nous confronte au temps qui passe et avale, déforme, anéantit toutes ces petites choses auxquelles on est attaché. Mais surtout, elle livre une vision particulièrement forte du deuil, du mal qui ronge ceux qui restent et de leurs tentatives désespérées afin de surmonter la douleur.

 

Un très beau roman, sensible et émouvant.

Publié dans A lire pour le plaisir

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evertkhorus 11/09/2010 10:25


J'aimerai beaucoup le lire aussi, merci pour cette critique!


Caro 06/10/2010 20:42



Bonne lecture... Je vois que ce livre a du succès...



Lilibook 07/09/2010 20:58


Ah je l'avais aimé ce roman !!!


Caro 06/10/2010 20:41



J'ai aussi beaucoup aimé lire ce roman. C'est vraiment la lecture de vacances... 



Céline 07/09/2010 10:04


Un roman qu'il faut que je lise ;)


Caro 06/10/2010 20:40



Un grand succès, mérité... Bonne lecture.