Jack l'Eventreur - Affaire Classée - Patricia Cornwell

Publié le par Caro

9782848930008Jack l’Eventreur est peut-être le meurtrier le plus célèbre et en même temps le plus mystérieux. Quand des crimes en série s’abattent sur le quartier londonien de White Chapel, à la fin du XIXème siècle, personne ne semble en mesure de mettre la main sur ce monstre qui tue, éventre, décapite, démembre… Cinq meurtres officiellement reconnus par la police, mais peut-être bien plus… Et des centaines de lettres qui arrivent dans les journaux et dans les postes de police : « Essayez donc de m’attraper » ; « Haha » ; « Ca m’amuse que vous me preniez pour un fou. » Au jeu du chat et de la souris, Jack l’Eventreur semble être le grand gagnant, emportant dans la tombe le secret de son identité.


Mais quand elle s’intéresse en 2001 à l’affaire, la romancière Patricia Cornwell a très vite des soupçons sur un célèbre peintre anglais Walter Sickert. Découvrant par hasard l’artiste, elle trouve des similitudes entre ses tableaux et les corps des prostituées assassinées. De même, l’artiste, connu pour sa vie de bohème, connaissait très bien le milieu des music hall et des « malheureuses », ces filles qui vendent leur corps pour quelques shillings. C’est ainsi que Patricia Cornwell décide de mener l’enquête, croisant les crimes de l’Eventreur et la vie du peintre. Elle passe ainsi le moindre indice au crible et n’hésite pas à faire appel aux techniques modernes d’investigation : graphologie, analyse ADN, utilisation des rayons X pour lire certains tableaux… Elle va jusqu’à suivre les moindres déplacements de Sickert, qu’elle confronte aux archives policières.


Et son verdict est sans appel : Sickert, selon Patricia Cornwell, est bien l’Eventreur. Pour elle, il ne fait aucun doute que le tueur de White Chapel est un homme cultivé, intelligent et nourrissant une haine profonde contre le milieu des prostituées. Elle explique d’ailleurs cette haine par une tare familiale qui aurait entraîné l’impuissance de Sickert. La destruction des corps, des visages et leur mise en scène effroyable sont présentées comme l’œuvre d’un artiste.


Ce livre est aussi une plongée au cœur des bas-fonds londoniens. Avec une certaine minutie, l’auteur retrace la vie sordide des habitants de White Chapel. Elle en dépeint la misère, l’alcoolisme, la prostitution. On découvre aussi un milieu où la violence et la survie pour le quotidien sont le fait de ses habitants.TTH223301CC-385 211532a


La lecture de ce livre m’a plu. Je connaissais évidemment l’histoire de Jack l’Eventreur mais lire la thèse de Patricia Cornwell apporte un éclairage nouveau sur les faits. J’ai aussi aimé la minutie avec laquelle l’auteur traite le sujet, passant au peigne fin la vie de Sickert mais aussi le quartier de White Chapel à l’époque des crimes. La confrontation avec les techniques de police scientifique actuelle est intéressante car cela donne l’impression d’un Jack l’Eventreur chez les Experts et cela permet aussi de découvrir ces méthodes d’investigation. En revanche, Patricia Cornwell ne laisse aucune place au doute. Elle est persuadée de la culpabilité de Sickert qu’elle appelle d’ailleurs le meurtrier. J’ai parfois eu l’impression qu’elle tirait de toutes ses forces des faits pour les rapprocher de Sickert et en déduire qu’il est Jack l’Eventreur. Si certains de ses tableaux sont inquiétants (voir les images que j’ai ajoutées à mon billet), d’autres faits ou rapprochements me semblent parfois plus légers. Certes Sickert devait être impuissant, certes il aimait Shakespeare et notamment ses personnages les plus sombres, certes il fréquentait les prostituées et les music hall, certes il aimait se déguiser… mais les preuves ne me paraissent pas toujours suffisantes et sans faille. J’aurais aussi aimé que Patricia Cornwell fasse davantage de place aux autres théories. Elle les évoque parfois mais c’est surtout pour les balayer d’un revers de plume.

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Bref, une lecture très intéressante – une enquête qui se lit comme un polar – mais je n’en ressors pas totalement convaincue… A trop vouloir dépeindre Sickert comme l’Eventreur, l’auteur, finalement, m’a fait douter…

Publié dans A lire pour le plaisir

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Ceinwin 25/01/2011 11:48


D'accord avec toi sur sa façon d'arranger les faits pour qu'ils s'accordent à sa théorie. Loin de l'appuyer, ça la dessert.


Caro 02/02/2011 16:57



J'ai l'impression qu'en suivant cette voie, elle finit par nous convaincre que ce n'est pas lui, Jack l'Eventreur. En tout cas, elle ne respecte aucune règle de l'enquête.



Morgouille 15/04/2010 18:59


Waouw ! J'ajoute ce livre tout de suite dans ma LAL !

Je suis curieuse de voir ce que Patricia Cornwell fait de Walter Sickert... Et pour cause : dans les livres de Gyles Brandreth (Oscar Wilde et le jeu de la mort, etc.), Sickert fait partie de la
bande d'amis de Wilde et ressemble à tout sauf à un tueur en série !


Caro 16/04/2010 11:26



Je vais aussi me pencher sur le livre dont tu parles. J'aimerais découvrir Sickert sous un autre angle. En tout cas, il faut quand même reconnaître que ses tableaux sont troublants.



Lilibook 06/04/2010 11:18


Je l'ai depuis sa sortie, mais je ne l'ai jamais lu encore ;-)))))


Caro 09/04/2010 14:34



C'est une lecture intéressante que je te conseille si tu aimes les enquêtes menées sur des faits réels. J'ai aussi bien aimé le côté historique du livre. Bonne lecture !