Deux Vies - Vikram Seth

Publié le par Caro

« Derrière chaque porte, dans chaque rue banale, dans chaque cabane de chaque village ordinaire, sur cette planète très moyenne d’étoile sans envergure, on trouve des trésors de cette nature. Mais la trace que laissent derrière eux les voyages étranges que nous entreprenons au cours de notre pèlerinage terrestre, les joies, les souffrances que nous vivons ou répandons, les événements imprévus qui nous unissent ou nous désunissent, comme elle est complexe ! Si personnelle qu’on peut à peine la faire partager, si fugitive que la mémoire est presque impuissante à la retrouver. »

 

C’est après avoir lu Les dis22633897_3917476-1-.jpgparus de Daniel Mendelsohn que j’ai été attirée par ce livre. Le genre du récit-témoignage où l’auteur part à la quête de membres de sa famille m’avait particulièrement plu.

 Ici, Vikram Seth se penche sur son grand-oncle et sa grand-tante. Couple atypique, Henny et Shanti vivent à Londres où l’auteur est venu s’installer des années plus tôt pour suivre ses études. Des liens très forts se tissent rapidement dans cette bâtisse du 18 Queens Road où Vikram emménage et prend bientôt la place du fils de la famille. La rigide Henny s’ouvre peu à peu à ce neveu auquel elle apprend l’Allemand, sa langue maternelle. Le Dr Shanti dentiste très apprécié, le surnomme même « fiston ».

 Mais très tôt, Vikram Seth est intrigué par le couple qu’ils forment. Derrière l’apparente tranquillité de leurs vieux jours, se cache un passé dramatique. Henny, juive allemande, a dû fuir son pays natal pour échapper aux persécutions nazies. Sa famille sera exterminée. Shanti, lui, d’origine indienne, a fait ses études en Allemagne où il a rencontré Henny. Quand la guerre éclate, il est mobilisé dans les troupes anglaises. Mais à la bataille de Monte Cassino, il est touché par un obus et se voit amputé du bras droit. A la fin des conflits, les deux anciens amis se retrouvent à Londres et décident, après plusieurs années, de se marier.

 Après leur mort, leur petit-neveu tente dans un roman de raconter leur existence. Témoignages, lettres, courriers officiels, souvenirs… sont autant de supports à cette re-découverte de Tante Henny et Oncle Shanti. Ce livre est un voyage au cœur de leur quotidien, leurs tourments, leurs illusions et désillusions.

 Ce que j’ai pensé du livre est assez mitigé. Il est en effet des rencontres qui peuvent changer pour longtemps notre sensibilité. Or, avoir lu précédemment Les disparus a complètement affadi la saveur de Deux vies. J’ai souvent tout trouvé « trop » : trop long, trop lent, trop de répétitions, trop de détails… Les documents d’archives sont beaucoup trop longs, selon moi. Ils ont tendance à se croiser et donc à se répéter. La forme aussi… Consacrer une partie à Shanti et une partie à Henny entraîne inévitablement des redites. Je n’ai pas toujours suivi l’auteur et j’ai parfois trouvé qu’il se perdait dans des considérations philosophiques et historiques qui n’apportaient pas grand-chose au récit, si ce n’est provoquer une rupture brutale dans le récit. Tout cela a complètement sapé mon émotion. Je me suis très peu attachée aux personnages.

 

Bref, ce livre fait partie de mes déceptions. Je lui en demandais peut-être trop, après tout, voulant retrouver en ses pages, la force des Disparus.

Publié dans Mes déceptions

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article